Culture

Découvrez les transformations urbaines de Lyon en photo !

Salut les Lyonnais (et les autres !), bienvenu au rendez-vous #HistoireDeLyon 😉 Aujourd’hui nous allons parler des projets de destruction et de reconstruction apportés à notre ville adorée.
Je ne sais pas vous, mais quand je suis arrivée sur Lyon il y a 8 ans, je ne m’étais jamais posé la question. Des rues rectilignes, des immeubles du style haussmanniens, des ruelles larges… NORMAL ! Mais pas aussi simple que ça 😉

Transformations urbaines radicales

Au milieu de 19ème siècle, le centre de la presqu’île de Lyon est en grande partie constitué d’habitations vétustes et insalubres, les rues sont sombres, étroites et sales. La ville est un vrai labyrinthe. C’est le préfet du Rhône et maire de Lyon, Claude-Marius Vaïsse, qui mène les grands travaux urbains de Lyon, semblables à ceux de Paris à la même époque).

Entre 1854 et 1865 les travaux entrepris sont conséquents :

  • 289 maisons sont démolies,
  • 12 000 personnes sont relogées,
  • 32 410 m² habitables sont reconstruits,
  • Un réseau d’égouts flambant neuf est créé.

Ci-dessous le projet d’aménagement proposé par Gustave Bonnet. Les rues rectilignes n’existaient donc pas, elles ont entièrement été percées. Entre autre, le percement de la rue de la République (Ancienne rue Impériale !), et de la rue Édouard Herriot (Ancienne rue de l’Impératrice). A cette époque, la moitié de la presqu’île fut détruite.

Partie 1 : Ouverture de la rue Centrale, de la rue de l’Impératrice et de la rue Impériale.

Les grandes opérations de percement commencent en 1845 avec l’ouverture de la rue centrale (Rue de Brest et Chenavard). L’idée est de permettre la circulation nord-sud dans la presqu’île. Ci-dessous une photo avant/après au niveau de l’église Saint Nizier, où la rue a clairement été élargie.

En 1855, c’est la rue de l’Impératrice et la rue Impériale qui sont percées, les rues Édouard Herriot et de la République actuelles. Ci-dessous, zoom sur la rue de la République au niveau de La Fnac. En couleur clair, on voit l’ancien positionnement des habitations, et en couleur foncé, on visualise le nouveau tracé des immeubles haussmanniens. Regardez attentivement, le percement et l’élargissement des rues sont flagrantes !!! Un peu coupe gorge à l’époque 😉

Sur le cliché suivant, pris entre 1854 et 1860, nous pouvons constater que la photo a été prise avant le percement de la rue Édouard Herriot et de la rue Gasparin ! Regardez bien 🙂

Photo avant/après de la rue de la République : des travaux pharaoniques

Partie 2 : Le quartier Grolée

L’ancien quartier Grolée était lui aussi fait de rues étroites. Les bâtisses étaient devenues des taudis insalubres : auberges médiocres, ateliers de tanneries, maisons closes… Il y avait un problème d’insécurité qui achevait de donner une mauvaise image du centre-ville.

C’est en 1887 que la municipalité, dirigée par le docteur Gailleton, décide de le réaménager. Le projet de Ferrant fut voté avec la restructuration complète du quartier. Les contestations furent nombreuses lors de la destruction de ce quartier. À tel point qu’en 1905 le quartier n’était encore qu’un immense terrain vague !

Grolée vu du ciel en 1880, avant les grands travaux :

Ci-dessous le plan de réaménagement du quartier, qui montre à la fois le quartier tel qu’il était en 1888, les démolitions envisagées, et le tracé prévu pour les nouvelles artères. Les destructions d’habitations sont énormes, les expropriations furent aussi nombreuses que les procès !

La place des cordeliers au début des travaux :

Photo prise pendant la destruction du quartier Grolée :

Le quartier après les travaux, tel qu’on le connait (presque) aujourd’hui :

Partie 3 : Le quartier Saint Paul

Comme pour le quartier Grolée, c’est lors du mandat du docteur Antoine Gailleton que les opérations de réforme du quartier saint Paul sont achevées. La logique reste la même : percement et élargissement des rues. Les premières expropriations débutent en 1861. Les destructions suivirent rapidement.

À noter que Les préfets Vaïsse et Gailleton sont peu regardants sur la qualité du bâtiment qu’ils démolissent. On constate la destruction de plusieurs centaines de maisons antérieures au 18e siècle. Vous l’aurez compris, la protection du patrimoine historique n’était pas vraiment une priorité 🙂

1846 : Avant les travaux, quai bondy :

Plan de l’alignement du vieux Lyon : les transformations sont spectaculaires. On prévoit le percement de la future rue Francois Vernay, la construction du groupe scolaire, l’élargissement de la rue de l’Angile et le comblement de la place de l’Ancienne Douane.

Photo prise lors de l’alignement de la rue Lainerie… Destruction en bonne et due forme !

1873 : Début des travaux de construction de la gare saint Paul. La gare Saint Paul est construite, au prix de destructions de nombreuses maisons datant de la renaissance. Une quarantaine de maisons sont rasées et la colline de Fourvière bien attaquée. Ce que l’on ne ferait pas pour la modernité quand même !

Et la gare saint Paul après les travaux 🙂

J’espère que cet article vous a plu et que les schémas de transformations des rues vous ont autant impressionné que moi ! 😉

8 Comments

  • Alain Broge 15 mai 2019

    Bravo pour ce travail d’investigation. On n’image pas l’ampleur des travaux et destructions d’alors.

  • Claudie Frid 16 mai 2019

    Vraiment très intéressant ! On n’imagine pas toujours quelles transformations et démolitions ont donné la ville actuelle.

  • Sbk 25 juin 2019

    La destruction des immeubles pour percer les rues Gasparin et Edouard Herriot, c’est tout de même assez unique ! On comprend mieux notre réputation de ville qui construit pour détruire.

  • Nelly Angen 26 juin 2019

    Bonjour ! Merci pour ce superbe article ! Que d’infos passionnantes !

  • THIBAULT MICHALON 15 décembre 2019

    Article très intéressant.

    Bravo.

  • Pat de Lyon 16 mai 2021

    Merci pour ce superbe article.
    Les photos et commentaires sont parlants sur la transformation gigantesque au 19eme s (création des quais et disparition des 800 ans du pont du change) .
    la carte des transformations du quartier st paul est précise puisqu’on peut s’apercevoir de ce qui est resté ou non. Aujourd’hui, on peut encore voir un bout de la ruelle st éloi qui se termine désormais par une impasse. La rue de l’arbalète et des treizes cantons ont disparu, heureusement on peut retrouver 2 photos avant leurs destructions (chercher sur numelyon).
    Je cherche le même type de carte avec superpositions des nouvelles et anciennes rues et batiments sur le quartier de l’archeveché (adolphe Max), secteur trés intéressant aussi (st pierre le vieux, le doyenné..), si une personne a quelques infos , merci de me mailer.
    Pat

  • Mila 11 octobre 2021

    Félicitations pour ce superbe article de qualité fort bien illustré.

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